LTD N°72
Jacques Ricot
s’entretient avec
Jean-Louis Liters
en présence d’
Evelyne Kirn

A retrouver en cliquant sur :
Le LTD N°72 est daté du 11 décembre 2025.
Mais le travail de transcription de l’entretien a fait que la publication n’est devenue effective que le 23 décembre 2025.
Salut Jacques
Nous ne t’oublierons pas !
Georges
Guy Goureaux
Le nom de ce proche de Jacques Ricot a été mal orthographié lors de la transcription de l’entretien.
Guy Goureaux (1930-2015), ancien syndicaliste étudiant et responsable de la MNEF, peut être qualifié de « catholique de gauche ». Universitaire, il a été le doyen de la Faculté des Sciences de Nantes. Militant socialiste, il a été adjoint au maire de Nantes Alain Chénard de 1977 à 1983 et conseiller général du 8ème canton de Loire Atlantique de 1976 à 2001.
Il est avec Jacques Ricot l’auteur de Autopsie de l’Ecole Catholique (1975).
Les lecteurs et lectrices
du Tigre déconfiné
réagissent
François Perdrial, le 23 décembre
« Passionnant et très riche et profond
Je ne savais pas que Jacques avait été attiré par Freinet
Merci à vous de nous avoir communiqué cet enregistrement si humain »
Jean Bourgeon, le 23 décembre
« Passionnant, enrichissant, émouvant.
A lire et relire.
Merci mille fois de cet entretien. »

Léon M’Ba au Lycée St-Gabriel de St-Laurent-sur-Sèvre. La scène se passe le 3 janvier 1964. A l’heure de la récréation le président M’Ba se promène parmi les élèves sans autre protocole. Archives Jean Bourgeon.
François Pilet, le 24 décembre
« Incroyable tigre !
« Merci pour l’interview de Jacques sur son parcours de vie d’une grande richesse et fort en témoignages. Nous avons eu beaucoup de chance de le côtoyer et d’avoir pu partager avec Maryvonne des moments chaleureux.
L’interview était très riche et m’a fait découvrir, moi qui suis non-croyant, une pensée originale. Je n’ai jamais beaucoup échangé avec Jacques Ricot, peut être quatre ou cinq fois nous avons nous échangé une parole de politesse, un propos banal sauf deux fois. Je parlais dans la salle des profs d’un ancien film qui dans un monde apocalyptique envoyait les gens âgés se faire euthanasier. Cela l’a interpelé et il m’a demandé les références de ce film, c’était « Soleil vert » avec Edward G Robinson et Charlton Heston. J’appris plus tard qu’il s’intéressait aux problèmes de fin de vie. Ensuite, nous avons plus tard échangé quelques mots et une poignée de main à l’enterrement de Jean Lévêque où j’ai regretté qu’aucun des collègues littéraires de Jean Lévêque, alors tous en vie, n’ait fait le déplacement.
Ce texte très riche est très émouvant à lire, on peut discuter tel point de vue mais j’ai été impressionné par la force intellectuelle, la lucidité face aux douleurs de la maladie. Quelle dignité, quelle force de caractère ! »
Jean-Paul Bouchoux, le 25 décembre
« Mon cher Jean-Louis,
Je viens de terminer la lecture du témoignage de Jacques, recueilli et mis en forme par toi, Evelyne et Hélène, l’une des filles de Jacques et Maryvonne.
Comme l’a dit François Pilet, c’est vraiment extraordinaire ce que vous avez pu faire, la façon extrêmement précise et sensible avec laquelle vous avez pu faire témoigner Jacques sur son moi profond, non seulement le déroulé de sa vie mais aussi le sens de ses engagements et de sa foi. »
Madeleine et Jean Hillairet, le 25 décembre
« Jean-Louis je viens renouveler mes remerciements et ajouter ceux de Jean qui a insisté après lecture pour se joindre à moi.
Nous avons été impressionnés par la richesse de ce dialogue et la lucidité de Jacques si près de son départ.
Bien sûr le récit de son parcours depuis l’enfance jusqu’aux études, au mariage et à la paternité, nous touchent. L’arrivée à Clemenceau, les anecdotes connues du voyage en Turquie, les choix difficiles dans sa carrière et le manque de chaleur des collègues à son arrivée , tout cela ravive mes propres souvenirs. L’évolution de Bernard-Brunet entre son arrivée et son départ. Toi, tu n’as connu que celui qui nous soutenait, que nous admirions et qui avait gagné en humanité, sans doute après le décès de son fils.
Mais nous sommes surtout touchés par son combat pour les soins palliatifs, sa ténacité, son refus d’une loi permettant l’euthanasie. Il ne condamne pas le suicide mais la loi qui l’organise. Hélas ! le combat semble bien loin d’être gagné. Et heureusement Jacques a pu bénéficier de l’accompagnement de Nicodème en plus de celui de sa famille et de ses nombreux amis.
Bien plus encore nous sommes émus par sa sérénité dans l’affirmation de sa foi. La cérémonie à Sainte-Luce l’a bien fait ressentir, tout en respectant les sensibilités divergentes.
Vraiment votre dialogue est un très beau témoignage et laisse le portrait d’un homme remarquable. Nous allons nous nourrir de sa parole. »
Yannick Guin, le 29 décembre
« Cher Jean-Louis, merci infiniment pour la transmission du texte et de l’interview consacré à Jacques. Je l’ai lu avec beaucoup d’émotion, et aussi avec la plus grande attention. J’ai toujours été attentif à l’argumentaire de Jacques sur la fin de vie, moins peut-être pour des considérations tenant à l’individu et à la personne comme il a su si bien le conceptualiser que par des considérations tenant à la société à qui, selon mon point de vue, on ne saurait donner n’importe quel pouvoir ne sachant pas d’emblée quelle expansion elle pourrait s’arroger. C’est pourquoi, à l’étonnement de nombre de mes amis et camarades, j’ai toujours voulu garder une grande prudence en la matière. La fin de vie de Jacques, sa maitrise jusqu’au bout fait mon admiration et mon respect. »
Denis Choimet, le 4 janvier 2026
» Merci de ce témoignage exceptionnel et bien émouvant. »
Carole Chollet, le 11 janvier
« Cher monsieur Liters,
Mais je vous remercie beaucoup, vraiment beaucoup, de m’avoir fait parvenir cet entretien. Il est extrêmement touchant car tant de choses s’y mêlent : la douleur, l’angoisse, mais aussi la sérénité, la générosité, l’humour et la joie d’avoir vécu, et cette incroyable capacité à poursuivre jusqu’au bout l’analyse de soi et du monde, l’engagement philosophique profond qui fut, je crois, pour lui, aussi fort que sa foi religieuse, à moins qu’il ne se soit tout simplement confondu avec elle.
Et tant de figures de l’histoire du lycée y sont évoquées : l' »ours » Bernard-Brunet (que j’aimais beaucoup), le « personnage » de Pont (avec qui mes relations furent difficiles), l’aimable Rousselot (qui sortit le lycée de son étrange ambiance et lui insuffla le léger souffle de modernité qui pouvait en faire un vrai « grand lycée de province »).
J’étais loin de connaître tous les détails de la vie de Jacques Ricot, et il savait que je ne partageais pas ses convictions religieuses, mais j’ai toujours aimé parler avec lui lorsque nous étions collègues.
Je lui avais en effet écrit peu de temps avant sa mort, lorsque j’avais appris sa maladie, et il m’avait répondu, puis je lui avais encore écrit, et il m’avait de nouveau répondu, esprit toujours alerte, pensée toujours éveillée à la pensée de l’autre, jusqu’au bout en quête de l’approfondissement que permet le dialogue. J’avais presque fini par oublier que l’issue du dialogue serait fatale, et que le « détachement » dont nous avions parlé ensemble assez longuement s’accomplirait aussi définitivement.
Cependant, je lui avais écrit ceci, dans ma première lettre, à laquelle il semble faire allusion : « il me semble que rien de tout cela n’a disparu, et que nos souvenirs sont si vivants qu’ils sont la vie même, passant de mémoire en mémoire, dans une sorte d’éternité modeste, à notre échelle humaine ». Et je crois que ce numéro du Tigre déconfiné confirme ce sentiment : en notant pour vos lecteurs du lycée ce bel entretien, de façon si précise (avec ces interruptions qui nous plongent au coeur de l’univers des soins palliatifs autant que d’une vie familiale et sociale toujours maintenue), vous avez fait « passer » et bien transmis le souvenir vivant d’un être dont je mesure mieux maintenant la simplicité familière autant que le caractère tranquillement exceptionnel.