2026/06/21 – Marie-Hélène Prouteau annule sa participation à la Fête de la Musique


Sacrée Canicule !

 

Notre amie

 

Marie-Hélène Prouteau

 

communique :

 

Ayant écrit dans mon nouveau livre, Ces mains pour l’inquiétude, sur le poète et pianiste suédois Tomas Tranströmer

 

un chapitre « Concerto pour la main gauche » sur sa paralysie

– C’est le drame vécu par le pianiste et poète suédois Transtömer devenu paralysé du côté droit. Pour lui Monica, sa femme, sera désormais sa main droite –

j’avais annoncé une lecture poétique et musicale pour la Fête de la Musique de ce 21 juin 2026,

Elle devait se faire à Nantes devant l’Ecole des Beaux-Arts.

Je dois l’annuler pour cause de canicule. 

 

 

 

 

 

En remplacement

 

voici une Petite lecture virtuelle

 

« La musique, toujours là. Tomas Tranströmer quitte son fauteuil, entre dans le clavier.

Tout lui a été repris. Tout lui est redonné. Sa main vivante trouve son aplomb en musique. C’est la main d’un géant captif d’un songe. Elle réveille le vif des choses. La main retrouve sa provende d’énergie, là-bas, vers d’autres lignes de vie.  L’écriture jaillit. « Ai rêvé que je dessinais les touches d’un piano sur la table de la cuisine. Sur lesquelles je jouais, en silence. Les voisins entraient pour m’écouter.

Dans la maison de l’île sous la neige. Monica devient sa main droite. Elle. Monica, à ses côtés depuis cinquante ans. Pourvoyeuse de vie, empêcheuse de mort. Tandis qu’il ne peut écrire de sa main pétrifiée, elle est là qui veille sur lui, accueille ses mots. Merveilleuse sentinelle d’amour et de bienveillance. Deux silhouettes, vieilles, aimantes, un huis clos silencieux. Une lampe allumée sur la table. L’amour souverain, le seul recours.

Lui. Plus fort que cette vie qui frappe d’inanition une partie de son corps. Plus fort que le poids qui le tenaille. Écrire ! Inventer une autre langue, revenue de l’oubli. Avancer la main qui creuse la neige tombée en voyelles de chagrin. Remuer les muscles de ce cerf qu’il devient. Corps du poème nimbé de légèreté, vibrant d’élan sauvage. Corps en apesanteur au profond du grand silence blanc.

Les mots jetés lancés réinventent le geste, fourmillent dans le sang. Les mains du poète glissent sur le papier. Vers le Pays imaginaire. Des mains traversières du monde.

Le poète appelle à lui la clarté de la marche sur la neige. Il déchiffre les hiéroglyphes des flocons sur la page. Un peu de lumière tremblante demeure dans le geste ralenti. Il accueille la vigueur des mots. Ceux du nouveau livre, La gondole chagrin.

Dehors la neige tombe sur la neige. Sans bruit. Comme en un des derniers haïkus écrits par le poète.

Le soleil est bas, maintenant.
Nos ombres sont des géants.
Bientôt tout est ombre.

 On relève la tête du livre. On croit entendre des accords musicaux. C’est Tomas Transtömer qui a quitté son fauteuil roulant et s’est mis au piano. La main gauche s’élance sur l’ivoire des touches. Elle joue un concerto pour la main gauche adapté de Haydn ».

 

Extrait du chapitre

 

Vous pouvez consulter aussi :

https://editmanar.com/editions/livres/ces-mains-pour-linquietude/