2025/11/11 – La célébration du 11 novembre 1918 au lycée Clemenceau


Comme chaque année

mais cette fois

le jour même du

 

11 novembre

 

la communauté du lycée Clemenceau

(Lycée, Amicale des Anciens élèves, Comité de l’Histoire)

 

s’est rassemblée pour commémorer

 

le 11 novembre 1918

 

et saluer la mémoire de

 

Georges Clemenceau

 

 

 

Extrait du discours du

Proviseur

Frédéric Couturier

 

 

Chaque 11 novembre, nous avons l’opportunité de rappeler non seulement l’héritage de ceux qui ont combattu pour la liberté, mais aussi notre engagement à bâtir un avenir où la guerre n’aura plus sa place. Cette mémoire est précieuse, elle est un guide pour comprendre que la paix ne se fait pas d’un seul coup de force, mais dans la patience et la persévérance.

Le rôle de notre communauté éducative est de nourrir cette réflexion. C’est ici, à travers l’éducation et la transmission des savoirs que se forment les citoyens de demain, capables de comprendre l’histoire pour mieux éclairer l’avenir.

En ce 11 novembre, nous rendons hommage à tous ceux qui sont tombés pendant la guerre, mais aussi à ceux qui, comme Georges Clemenceau, ont œuvré pour que la paix soit le but final de tout conflit.

Un grand merci aux élèves présents à la cérémonie qui s’est déroulée dans la cour d’honneur du lycée, à proximité du monument aux morts.

Merci au Comité de l’histoire et à l’association des anciens élèves.

 

 

Discours de la Vice-Présidente

de l’Amicale des Anciens Elèves

Evelyne Kirn

 

 

 

Monsieur Le Proviseur du lycée Clemenceau,

Monsieur Le Proviseur du lycée Jules Verne,

Monsieur Le Président du Comité de l’Histoire,

Monsieur Le Président émérite et Monsieur Le Président en exercice de l’Amicale des anciens élèves du lycée,

Mesdames et Messieurs, membres de l’administration de ce lycée, de notre Amicale et du Comité de l’Histoire,

 

Chers « camarades » et j’emploie ce mot à dessein car c’est celui que vous pouvez lire sur le monument devant lequel je vous invite vous recueillir, en ce jour férié de la commémoration de L’Armistice du 11 Novembre 1918 et désormais déclaré »Jour de Mémoire »de tous les morts pour la France depuis 2012, sur le territoire ou à l’étranger.

Nous nous inclinons ainsi depuis 107 ans dans tout notre pays mais ici particulièrement depuis 1922, date de l’inauguration de cette oeuvre, exceptionnellement érigée dans une enceinte privée, invisible de l’extérieur ni accessible à toute personne.

Ces « camarades »,ce sont tous ceux qui ont un rapport avec le lycée, professeurs, élèves, anciens élèves, membres de la direction et du personnel.

Comment en est-on arrivé à cette construction exceptionnelle ? 

C’est sur une idée de professeurs et administrateurs du lycée en 1919, afin de célébrer la solidarité au front, intergénérationnelle.

Les professeurs y voyaient un but éducatif pour les élèves, au centre de la cour, avec un groupe en relief tandis que les architectes voulaient l’harmoniser avec les bâtiments de la courte un bas relief en bronze, accolé à une stèle encadrée par la verdure de la cour.
Pour ne pas déprimer les élèves, vous remarquerez qu’il n’y a pas de soldat représenté mort.

Les concepteurs sont aussi anciens élèves comme Alphonse Gautté, l’instigateur du projet, Président de l’Amicale à l’époque, Siméon Foucault et Charles Guignery, les architectes.

Il est à noter que le monument aux morts de la ville de Nantes ne sera inauguré qu’en 1927.
Quant au nôtre, celui qui va venir pour cette cérémonie est un ancien élève de ce lycée, qui y a passé 6 années, de 1852 à 1858 et qui deviendra membre de notre Amicale et le Président d’honneur de notre section parisienne.

Dans ce lycée qui était encore impérial, Georges Clemenceau s’est quelque peu ennuyé, dit-on, mais il recevra nombre d’accessits diverses matières et un premier prix de version latine et de dissertation française en 1857-1858.

Mais quand il revient ici en 1922 le lycée a bien changé.
En 1919 déjà, à l’initiative de la mairie de Nantes le lycée prend son nom et il écrira :

« J’ai reçu la plus belle récompense le jour où j’ai eu la fierté de lire mon nom sur la façade de notre lycée ».

Un deuxième hommage au Tigre ou Père la Victoire se trouve de l’autre côté de cette cour.
En effet, il y avait eu un refus d’insérer son buste sur le monument aux morts pour la France et en 1920 le maire insiste en suggérant qu’il soit placé en face de celui ci à l’endroit même où Clemenceau prononça son discours de 1922.
Une souscription sera de nouveau lancée comme pour la première oeuvre mais l’inauguration n’interviendra qu’après le décès de Georges Clemenceau, en 1931, présidée par André Tardieu qui avait collaboré avec lui; la cérémonie sous une pluie battante réunira plus de 500 personnes dans cette cour.

Ce seul monument nantais en l’honneur du Tigre a été conçu par François Sicard, le sculpteur attitré de cet homme et qui a exécuté  ses portraits, bustes, sa stèle funéraire et même son masque mortuaire; ici c’est aussi sur une maquette de Charles Guignery qu’il a été conçu et réalisé avec un soubassement en pierre blanche supportant son buste en médaillon.

En 1958, le monument a été restauré par notre Amicale avec quelques subventions, une démolition complète ayant été nécessaire et le médaillon scellé, comme vous pouvez le constater actuellement.

Un troisième hommage avait été rendu sitôt le décès du Tigre, en 1929, car le maire de Nantes, Léopold Cassegrain, rebaptisa la rue du lycée en rue Georges Clemenceau.

Ces marques de reconnaissance envers Georges Clemenceau se retrouvent donc autour et au coeur de ce lycée: ainsi nul ne peut oublier ce qu’il a fait pour notre pays.
Avoir son nom sur une rue, sur un lycée, sur un mémorial, et là où il a vécu, c’est EXCEPTIONNEL.

Le discours de 1922 que l’on qualifie de « testament » est toujours d’actualité et particulièrement les dernières phrases, scellées dans la pierre au dessus du porche, sous lequel vous passerez en sortant et que vous pourrez relire.

Le 11 novembre 1918, Georges Clemenceau à la Chambre disait :  » il va falloir gagner la paix  » et rendait « honneur à nos grands morts qui nous ont fait cette victoire ».
Le 11 novembre 2018, François de Rugy, alors ministre le rappelait ici même en célébrant le « retour à la paix ».

Puissions nous cultiver cette notion et garder espoir malgré tout ce qui se passe dans le monde actuellement!

Je vous remercie pour votre attention et, au nom de l’Amicale, l’équipe du lycée pour nous permettre de rendre hommage à tous ces disparus et de déposer une gerbe symbolique en respectant une minute de silence.

 

Discours du Président

du Comité de l’Histoire du Lycée

Jean-Louis Liters

 

 

Monsieur le Proviseur,

Madame la Vice-Présidente qui s’est exprimée au nom des Anciens Elèves,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis

 

Il y a on le sait des guerres qui font des millions de morts et Clemenceau contribua à mettre fin à l’une d’elles.

Mais il y a aussi des guerres larvées que se mènent des Etats et qui ruinent des vies d’innocents. Clemenceau, encore lui, contribua à la réhabilitation du Capitaine Alfred Dreyfus sur fond de conflit entre la France et l’Empire allemand.

Victime aussi au début du vingtième siècle, cet ancien élève du lycée qui à des milliers de kilomètres de Nantes fut, lui avec une personne proche, injustement accusé d’espionnage et incarcéré. Ses amis dirent combien ces accusations étaient infondées et suscitèrent nombre d’articles dans les journaux. Il finit heureusement par être libéré.

Je veux parler d’Alexandre Etienne Bougouin, ancien élève du lycée, reçu à Saint-Cyr, qui, en 1905, alors qu’il résidait à Tokyo, fut accusé, lui et son beau-fils, d’espionnage par le Japon au profit de la Russie. Tous deux furent incarcérés. Les amis nombreux du Capitaine Bougouin s’insurgèrent et la consultation du journal Le Phare de la Loire le confirme. Ils soulignèrent combien Bougouin aimait le Japon où il s’était établi après avoir servi comme attaché militaire à l’Ambassade de France à Tokyo et combien il détestait la Russie.

Un siècle après, ce fut un autre ancien élève du Lycée Clemenceau, je parle évidemment de Jacques Paris, qui avec sa compagne Cécile Kohler, vécut une situation encore plus cauchemardesque. Ainsi mon collègue au lycée, professeur de mathématiques, aimait l’Iran et la civilisation perse. Ses amis et collègues au sein d’un comité de soutien – je ne les nommerai pas; plusieurs sont ici – s’employèrent d’abord à ce que Jacques et Cécile ne soient pas oubliés.

Puis ils obtinrent l’appui d’institutions et de personnalités.  Donnons quelques exemples. Le barreau et la mairie de Nantes. Des Institutions notamment dans le milieu des mathématiques (citons par exemple le soutien de Luc Illusie ancien élève du lycée et grand mathématicien) et dans le milieu de l’enseignement (citons l’UPS, l’union des professeurs de classes préparatoires scientifiques alors présidée par Denis Choimet, ancien élève et ancien professeur de Clemenceau). L’un des membres du Comité réussit même à informer le Vatican.

Citons l’aide apportée dans l’ombre par deux anciens élèves : Hervé Grandjean, ancien porte-parole auprès de la ministre des armées Florence Parly, et Luka De Silva, administrateur du Sénat. L’appui de personnalités, des élus municipaux, députés et sénateurs, un conseiller des Français de l’étranger, Baki Maneche omniprésent, et même deux anciens premiers ministres et ministres des affaires étrangères. On peut révéler aujourd’hui que le comité vit se mobiliser, disons même fit se mobiliser ensemble, Jean-Marc Ayrault et Dominique de Villepin. Comme nous l’écrivait vendredi Dominique de Villepin : « Dans de telles épreuves, il est important que la solidarité nationale puisse s’exprimer par delà les efforts de l’Etat lui même. »

Au bout d’un calvaire qui dura 1277 jours, plus de trois ans, Jacques et Cécile furent libérés. On s’en est réjoui ce mardi 4 novembre 2025. 

Aujourd’hui, accueillis à la Résidence de France à Téhéran, ils peuvent commencer à se ressourcer et enfin pouvoir converser avec leurs familles, ce avant d’affronter le retour en France. Il nous faudra les aider. Nous nous y emploierons. 

Si elle le veut bien, je vais demander à Marie-Brigitte Huet ancienne professeure d’allemand de nous donner des nouvelles de Jacques et de Cécile. Marie-Brigitte a coordonné notre Comité de soutien et a assuré le lien avec la famille de Jacques.  

 

 

Jean-Pierre Regnault et Joël Barreau déposent une gerbe

au nom du Comité de l’Histoire du Lycée

au pied de la Stèle Clemenceau

 

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