L’art du partage


Autour du Patrimoine

 

du Lycée Clemenceau :

 

« L’art du partage »

 

 

La Prépa Hydro 67-68 / Jacques Vaché et L’acte fondateur du lycée / Charles Belbéoc (Photo du lycée le 23 octobre 1943) / Henri Puivarges (CDV Constant Peigné)  / Louis Poirier (Julien Gracq) (manuscrit de jeunesse)

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Jean-Noël GUYE

nous a interrogés :

il voulait retrouver les noms de ses camarades 

de la Préparation Hydrographie

en 1967-1968.

Son condisciple Philippe LETOT

avait conservé la Photo de classe.

 

Hydro 67-68

 

Au bout de quelques échanges, voilà ce que cela donne :

(1) Dominique LEFEBVRE

(2) Yves AUMON

(3) Jean-Michel NICOLAS

(4) Jean-Noël GUYE

(5) Jean-Claude ALLAIRE

(6) Philippe MOTIN

(7) Philippe LETOT

(8) Hugues DUCHIER

Ne sont pas sur la photographie : Fernando CARMONA et Jean-Jacques GARNIER qui ont quitté la Prépa en cours d’année.

On recherche le nom du professeur… professeur d’histoire et géographie. On va trouver !

Jean-Louis

 

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Le 6 janvier 2019,

cent ans jour pour jour après

la disparition tragique

de Jacques Vaché

sa nièce, Denise Lepeltier,

 

Club Hylarien fin de la dormit ion de Jack 06.01.2019 n°4

Photo Patrice Allain

 

a remis à Jean-Louis Liters,

pour les archives du lycée

conservées par le Comité de l’Histoire,

l’acte fondateur du lycée de Nantes

signé par Bonaparte, Premier consul.

 

Capture d’écran 2019-01-12 à 16.48.11

 

Document trouvé par Jacques Vaché

sur le champ de bataille, dans des ruines,

et conservé jusqu’ici par sa famille.

 

Acte fondateur Jacques Vaché

Le document sauvé des ruines par Jacques Vaché 

 

Extraits des « Lettres de Guerre » de Jacques Vaché (Gallimard, 2018)

 

Jacques Vaché Gallimard couverture

 

Lettre à Jeanne Derrien (avant le 23 mai 1917)

« Je suis perdu dans un monceau de choses hétéroclites. J’ai entrepris de ramasser toutes les paperasses enfouies, toutes les archives, tout ce qui peut avoir une valeur dans les ruines informes – Alors j’ai un peu de tout -»

 

Lettre à sa mère, Marie Vaché, du 26 mai 1917

«  mais j’ai été assez occupé ces jours-ci à déterrer les paperasses et archives diverses des pathelins (sic) fraîchement occupés – (…) – J’ai trouvé ces feuillets ci-joints, qui ne présentent aucune valeur, mais dont la coïncidence m’a amusé. »

 

Lettre à sa mère, Marie Vaché, du 7 juillet 1917

« – Avais-tu reçu une lettre – j’ai oublié de te demander cela – contenant une vieille pièce d’archive de X… portant les « mesures à prendre contre les Anglais’ et «  la fondation et les règles d’un lycée à Nantes » – Je regretterais que cela fût perdu -»

 

Edition établie et annotée par Patrice Allain et Thomas Guillemin

Note de 1917, N°93 page 399

« Bulletin des lois de la République N318, « arrêté qui approuve la délibération de plusieurs conseils municipaux du département, contenant des offres de contributions pour l’armement contre l’Angleterre » et un « arrêté qui établit un lycée à Nantes ». Ce lycée sera placé dans le local des Ursulines et le ci-devant séminaire. Il s’agit du Grand Lycée de Nantes où Jacques Vaché et les Sârs ont fait leurs études. Les deux documents, datés 1er Vendémiaire AN XII, sont signés Bonaparte, alors Premier consul. »

 

 

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Le 23 septembre 1943

comme une bonne partie de Nantes

le lycée est victime

des bombardements alliés

 

Le 23 octobre 1943, Charles Belbéoc, membre des « Equipes Nationales » depuis le 21 septembre arrive de Tours pour porter secours aux Nantais.

 

Charles Belbéoc

Charles Belbéoc

à 17 ans

 

Il prend plusieurs photographies à Nantes, place Viarme, quai Flesselles et nous lui devons un cliché jusqu’ici inédit de la destruction d’une partie des bâtiments de la façade du lycée.

 

 

Lycée 23 octobre 1943 Photo CB Coll JLL

Une vue de la Cour d’Honneur du Lycée

Photo Charles Belbéoc du 23 octobre 1943

Collection privée JLL

 

Il participe aussi à l’identification et à l’évacuation des victimes des bombardements dont les corps ont été transportés au Musée des Beaux-Arts dans la rue du lycée.

 

Musée 23 octobre 1943 Photo CB Coll JLL

« Le départ des cercueils »

Photo Charles Belbéoc du 23 octobre 1943

Collection privée JLL

Les « Equipes Nationales », dont la devise était « Unis pour combattre », ont été créées en août 1942 par le Gouvernement de Vichy…

L’historienne Michèle Cointet cite Charles Belbéoc dans son livre Secrets et mystères de la France occupée, Fayard Histoire, 2015 :

« Les équipiers nationaux sont présents dans leu cité, mais aussi dans les villes voisines. Un équipier national de Tours, Charles Belbéoc, envoyé en renfort à Nantes, en restera marqué à vie : « Les corps arrivaient dans des camions, des bennes, posés pêle-mêle. Mais nous allions les chercher dans des civières où ils tombaient comme des pantins désarticulés, certains raides, d’autres en décomposition (…). Sitôt arrivé le corps étai aspergé d’insecticide; ganté et vêtu de caoutchouc, je fouillais dans les poches cherchant les papiers, les bijoux, l’argent, les débris de vêtements qui serviraient à l’identification. Le travail marchait bien pour ceux qui étaient entiers, mais certains n’étaient qu’un amas informe de chair noirâtre et malodorante. Nous ne tenions le coup qu’à grands renforts de tabac et d’alcool. » »

Charles Belbéoc est né le 15 novembre 1926 à Cormery (Indre-et-Loire) dans une famille d’instituteurs.

Lui-même deviendra professeur au lycée Grandmont.

Il est aussi connu comme peintre de paysages de la Loire et de la Bretagne (Prix de la Ville de Tours; Médaille de bronze à New York en 1986).

Il est décédé en août 2006 à l’âge de 80 ans.

Jean-Louis Liters

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CDV

d’un lycéen & communiant

Photographe : Constant Peigné

Puivarges Henri

Collection privée JLL

Après enquête, le jeune lycéen, en uniforme de pensionnaire, est Henri Puivarges.

Né en 1859 à Perpignan, on le trouve notamment au Lycée de Nantes en classe de Rhétorique (la Première) en 1876-1877.

Il deviendra économe-receveur de l’hospice de Nantes (1906-1911).

Il est décédé en mars 1939, à 79 ans, à Saint-Nicolas-de-Bourgueil (Indre-et-Loire).

Jean-Louis Liters

 

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Rarissime et extraordinaire manuscrit

de jeunesse de Louis Poirier

adjugé 93 600 euros à l’hôtel Drouot (Paris)

pour la Région des Pays de la Loire

en lien avec le Ministère de la Culture et la BNF.

 

 

 

Partnership

de Louis Poirier

(né en 1910, élève du lycée jusqu’en 1928 et qui ne signe pas encore Julien Gracq)

est daté de 1931

Gracq 1931

Notice de présentation

lors de la vente 

signée

« Les Collections Aristophil »

 

PARTNERSHIP. Manuscrit autographe signé Louis Poirier, Saint-Florent le Vieil, [1931]. 138 pages in-4 sous cahier in-8 à couverture toilée.
Manuscrit haut d’époque d’une écriture serrée, signé par Julien Gracq sur la couverture de son vrai nom Louis Poirier.
Sur une page de garde Julien Gracq cite une phrase de Shakespeare: «Alike bewitched by the charm of looks…» Roméo et Juliette prologue »».

«Partnership» est le récit malheureux d’une amitié de jeunesse que Julien Gracq souhaitait amoureuse et où il se dévoile de façon lucide et touchante.

… «Pourquoi ne vous raconterais-je pas mon histoire? J’aimerais la connaître. Bien des choses qui vous intéressent ne m’intéressent plus.
Elle pourquoi l’ai-je haie, pourquoi l’ai-je quittée, elle, pourquoi quittée, perdue. En vérité, des miracles de l’intelligence et des divinations du coeur d’autre miracle que de me le dire d’autre divination que de le retrouver» «Vous ne savez pas la chose que c’est que le visage d’une femme.
Vous ne savez pas ce que c’est qu’une voix, des mains, des pas. Vous ne savez pas ce que les hommes appellent la présence. Ce qu’ils appellent le silence, personne non plus ne vous l’a appris. Vous ne savez pas ce que c’est de l’avoir et de ne plus l’avoir, de ne plus l’entendre et de l’entendre, de se dire qu’elle est là et qu’elle n’est pas là… La femme bien-aimée, vous dites que vous l’aimez comme vous-même mais vous ne savez pas ce que c’est que d’aimer une autre que chaque jour c’est la première et la dernière fois que vous la voyez…» «A ma colère feinte contre ses idées, elle répondait en s’amusant par de petites affirmations volontairement sottes puisées dans les journaux et ponctuées de rires et de petits hochements de tête, puis nous nous mettions à rire ensemble, je la plaisantais, elle prétendait m’arrêter avec un «Dites donc vous» d’une dignité très comique.
Puis nous étions heureux comme deux enfants d’avoir tant d’esprit ensemble pour moi, je sentais la joie couler dans tous mes membres et les réchauffer, de la voir me parler…» «Il en va dans le bonheur comme dans la jalousie, comme dans tous les instants extrême de la passion: je l’en aimai davantage. Il me semblait que maintenant la rencontre était complète, que nous nous étions choisis et reconnus à tous les points de l’espace et temps où nous pouvions être ensemble»…

(La couverture toilée du cahier est en mauvais état et détachée).
Rarissime et extraordinaire manuscrit de jeunesse de Julien Gracq.